Avril
2000
STOP
au PILLAGE des OBJETS ARCHEOLOGIQUES
AFRICAINS
La
Liste Rouge de l'ICOM
Pour
diffusion immédiate
Huit
catégories d'objets archéologiques
africains sont aujourd'hui particulièrement
menacés par le pillage. Ces objets
ont été inscrits sur la
Liste
Rouge de l'ICOM qui a
pour objectif d'alerter musées,
marchands, police et douanes sur le
vol systématique dont sont victimes
certains types d'objets du patrimoine.
Ces
pièces figurent parmi les biens
culturels les plus touchés par
le pillage et le vol. Protégés
par des législations, ils sont
interdits d'exportation et ne doivent
en aucun cas être proposés
à la vente. Un appel est donc
lancé aux musées, salles
de ventes et collectionneurs afin qu'ils
n'achètent plus ces objets.
Les
fouilles archéologiques clandestines
en Afrique constituent une atteinte
irréparable à l'histoire
du continent et à celle de l'humanité
toute entière. Pillés
en Afrique, les objets sont revendus
en Europe et en Amérique du Nord.
Le contexte historique dans lequel ils
ont été trouvés
est ainsi perdu à jamais et il
est désormais impossible de connaître
les civilisations qui ont produit ces
objets.
Aujourd'hui,
grâce au soutien financier de
la Fondation Prince Claus pour la Culture
et le Développement et du ministère
français des Affaires étrangères,
un dossier complet d'information sur
la Liste Rouge des objets africains
a pu être constitué.
Outil
d'information et de contrôle,
ce dossier présente pour chaque
catégorie d'objets leur provenance
et leurs caractéristiques physiques,
ainsi que les législations nationales
et internationales qui les protègent.
Une rubrique intitulée l'Urgence
de la situation met en avant les
raisons pour lesquelles il est nécessaire
de ne plus acquérir ce type de
pièces afin de ne plus contribuer
à leur pillage.
Cette
liste a été élaborée
par des professionnels des musées
africains, européens et nord-américains
réunis dans le cadre d'un atelier
sur la protection du patrimoine organisé
par l'ICOM en octobre 1997 à
Amsterdam.
Ce
dossier sera largement diffusé
au marchands, salles de ventes et musées
en Afrique, Europe et Amérique
du Nord, ainsi qu'aux polices et douanes.
Cette campagne d'information et de sensibilisation
sur le patrimoine archéologique
africain s'inscrit dans la politique
active que mène l'ICOM depuis
plusieurs années pour combattre
les vols de biens culturels.
Dans
ce cadre, les
récents accords que
l'ICOM vient de signer successivement
avec l'Organisation mondiale des douanes
(OMD) et INTERPOL concernant l'implication
des forces douanières et policières
dans la lutte contre le trafic illicite
des biens culturels marquent un nouvelle
étape dans la protection du patrimoine.
Cette prise de conscience de la
part des organismes internationaux de
contrôle de l'importance du trafic
devrait donner de nouveaux moyens aux
musées pour endiguer ce fléau.
La
Liste Rouge contient les objets
particulièrement en danger, mais
elle n'est en aucun cas exhaustive.
Devant toute pièce archéologique
en vente se pose la question de la légalité
de son exportation.
l'ICOM
et la lutte contre le trafic illicite
des biens culturels
Ce
phénomène connaît
une ampleur sans précédent,
il n'épargne ni pays développés
ni pays en voie de développement.
Ce sont les églises en Italie,
les châteaux en France, les sites
archéologiques en Afrique et
en Amérique latine, les temples
en Asie.
Pour
combattre le trafic illicite des biens
culturels, il est apparu prioritaire
aux professionnels des musées
regroupés au sein de l'ICOM de
mener des actions concrètes et
efficaces d'information et de sensibilisation.
Les musées doivent être
les premiers acteurs de cette lutte
en adoptant des règles scrupuleuses
à l'égard des objets qui
leurs sont proposés et cela dans
le respect du Code
de déontologie professionnelle
de l'ICOM.
L'action
de l'ICOM en matière de lutte
contre vols et pillage de biens culturels
se situe généralement
en amont de l'action policière
dans un contexte international et non
gouvernemental.
Le
renforcement des mesures de sécurité
dans les musées et la mise en
place de normes pour les inventaires
des collections sont les premières
actions nécessaires à
la sauvegarde des objets.
Parallèlement,
en Afrique des ateliers régionaux
entre polices, musées et douanes
ont été organisés
afin de renforcer la coopération
entre les différents acteurs
de la protection du patrimoine. En collaboration
avec l'UNESCO, l'ICOM s'attache également
à promouvoir l'adoption par les
Etats des instruments juridiques nationaux
ou internationaux qui protègent
le patrimoine tels que la Convention
de l'UNESCO de 1970 ou la Convention
UNIDROIT de 1995.
D'autre
part, de façon à sensibiliser
le public, l'ICOM publie une série
d'ouvrages intitulée "Cents
objets disparus". Ces publications
présentent, par des photos et
des descriptions, des objets volés
à des collections publiques ou
pillés sur des sites. Il existe
trois publications à ce jour
: Cent objets disparus. Pillage
à Angkor (sept. 1993)
; Pillage en Afrique (sept.
1994) et Pillage en Amérique
latine (janvier 1998). Ces ouvrages
qui ont été largement
distribués aux professionnels
concernés (musées, marchands,
galeries, salles des ventes, police...)
ont permis d'identifier un certain
nombre d'objets. Suite à
la parution de "Pillage à
Angkor" plusieurs objets répertoriés
dans cet ouvrage ont été
retrouvés comme par exemple la
statuette DCA 7081 (p. 46) mise en vente
par Sotheby's le 2 juin 1992 à
New York (lot 96) et retrouvée
en janvier 1995 en Suisse. De même,
suite à la parution de "Pillage
en Afrique" des objets volés
dans des musées en Afrique ou
pillés sur des sites ont été
retrouvés et restitués
aux pays d'origine.
Ces
restitutions sont très encourageantes,
mais restent symboliques par rapport
à l'ampleur des pillages. Avec
la Liste Rouge,
l'ICOM souhaite attirer l'attention
sur un phénomène encore
plus grave qui est celui du pillage
des sites archéologiques qui
entraîne la destruction de données
historiques.
Informations
:
Valérie
Jullien, ICOM Secrétariat
Tél. 33 (0)1 47.34.05.00
Fax. 33 (0)1 43.06.78.62